Enfant ou adulte, quand les émotions se télescopent…

News du 22 octobre 18

Un écho de la première Matinée de l’Atelier des Savoirs à Dhagpo Bordeaux

Céline Robert, psychomotricienne, Marie-Pierre Mury, psychopraticienne et instructrice MBSR et Anila Trinlé, moniale et enseignante bouddhiste, ont animé la première Matinée de l’Atelier des Savoirs samedi 20 octobre . Plus de vingt personnes assistaient à cette rencontre et les nombreux échanges ont été fructueux. Nous nous en réjouissons et nous vous attendons pour notre prochaine Matinée le samedi 1er décembre, de 9h30 à 13h30, le thème en sera « Faire face à l’épuisement », avec Martine Laval, psychologue clinicienne, Marie-Noëlle Gombert, infirmière, et anila Trinlé.

En attendant, une Soirée de l’Atelier des Savoirs aura lieu le jeudi 15 novembre, de 19h30 à 21h30, avec Séverine Abignon, psychologue et anila Trinlé. Le thème « Apprivoiser le vieillissement » nous offrira l’occasion de nous questionner sur notre rapport à l’avancée en âge et son effet miroir dans notre activité d’accompagnement ou de soin. 

Ces différentes rencontres, destinées aux professionnels de santé, aux étudiants de ce domaine et aux bénévoles d’accompagnement, ont lieu à Dhagpo Bordeaux. Merci de penser à vous inscrire, contacter l’accueil de Dhagpo Bordeaux, ouvert tous les jours de 18h à 19h30. 

Des extraits de notre réflexion…

Etant dans une posture professionnelle de soignant ou d’aidant, quelle conscience ai-je de mes propres émotions ? Comment mes émotions interfèrent et se télescopent avec les émotions de l’autre ?

Trois cerveaux, une personne

Face à des situations de frustration et de stress émotionnel un enfant est démuni et ne peut réagir qu’en fonction de son développement neurologique et de sa maturation. Avant 5 ans, seul le cerveau reptilien, la partie la plus archaïque dite instinctive du cerveau, est mature et opérationnelle. Avant cet âge, l’enfant ne peut agir par lui même ni sur ses émotions qui sont du domaine du cerveau limbique, ni sur ses pensées liées au troisième cerveau, le néocortex. 

Comment accueillir les émotions de l’enfant en tant que parent, professionnel de santé ou bénévole ?  

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Dans une situation de frustration, l’enfant développe souvent de la colère, qui est une colère de détresse et non un caprice, un effondrement émotionnel qui témoigne de son incapacité à gérer la situation et qui doit être compris comme telle par l’adulte. Il est important pour ce dernier de ne pas se laisser entrainer par le jeu de l’activation des neurones miroirs, dans une processus cognitif émotionnel où les capacités d’analyse de la situation sont annihilées, de se laisser envahir par ses propres émotions. Son rôle est de rassurer l’enfant, de l’aider à développer sa capacité à raisonner, à accueillir les émotions et l’accompagner dans le processus de  stimulation de l’intelligence émotionnelle.

Qu’en est-il de l’attachement et qu’en faire ? La théorie de l’attachement et la métaphore du porte-avion 

Les figures de l’attachement sont comme des porte-avions d’où l’enfant peut décoller, mais également se poser et se réfugier en cas de détresse au cours des vols que sont les expériences de  la vie. 

La théorie de l’attachement est un système motivationnel biologique de régulation de la peur. L’attachement est une dimension du lien affectif avec une personne. Ce système s’active face à des situations de stress important et de détresse qui nécessitent d’avoir des zones de refuge et de réconfort. Cette théorie s’applique à l’enfant qui a pour figure d’attachement ses parents, mais aussi à l’adulte qui, au fil des évènements de la vie, va trouver de nouvelles figures d’attachement.

Ce système est couplé/inversé avec deux autres systèmes :

  • Le système d’exploration qui permet d’apprendre. Ce système se désactive en situation d’insécurité. Plus on est « sécure » et plus on peut engranger des connaissances et mobiliser son potentiel. 
  • Le système de « caregiving » qui est la capacité à prendre soin de soi et de l’autre. Ce système se désactive lorsqu’on est soi-même en insécurité.

Quelles ressources mobiliser pour rencontrer les émotions des patients ? 

Une des questions essentielles dans cette relation est de se demander ce que l’autre attend de nous dans cette écoute ? On est tellement fasciné par « le faire » que l’on en oublie d’être là. On est piégé par cette tendance du « vouloir aider ». Le « vouloir aider », le « vouloir agir »  invalide souvent toute la richesse du savoir-être, d’être totalement présent dans la situation. 

La présence du « savoir-être » dans le « savoir-faire » fait la différence, pour soi et pour la personne aidée ou soignée.

L’essentiel est de développer la conscience de ce que je vis au moment où je le vis, ou la conscience de ce que je vis au moment où je fais. C’est être à l’écoute consciente, débusquer les émotions qui apparaissent, le jugement, ne pas suivre et ne pas se laisser envahir par ses émotions qui invalideraient la présence. Pour cela il est nécessaire de développer un regard bienveillant sur soi : prendre soin de soi-même afin d’être plus clair avec ce que je suis et donner le meilleur pour les autres et pour moi. 

Interroger sa motivation est une des clés face à la singularité de la relation d’accompagnement : pourquoi je suis là ? pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ? Se relier à sa motivation initiale, même si elle a évolué. Toute motivation doit se nourrir. Il y a la motivation à faire ce métier, cette activité, mais aussi une motivation plus profonde, plus vaste qui questionne la perspective de vie dans laquelle je m’inscris.

Comment faire avec l’agressivité de l’autre ?

Plus on a conscience de l’agressivité de l’autre, de son mal-être et de sa souffrance et moins on est touché par la façon dont elle s’exprime. L’agressivité de l’autre devient le signal que je peux repérer comme étant sa souffrance. Etant en lien avec la souffrance de l’autre, j’ai des réponses autres. 

Comment accueillir l’aversion et la violence dans la relation à l’autre?

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Trois fonctionnements face à la violence 

  • L’évitement : il n’y a pas de contact
  • Le rapport de force : il y a contact mais pas très constructif
  • L’Aïkido verbal, forme de communication consciente et bienveillante, basé sur la philosophie de l’aïkido martial : venir au contact sans rejet, l’assaillant et le défenseur devenant « partenaires » et non  « adversaires ».

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