Clarifier notre motivation

Pourquoi j’agis ainsi ? Pourquoi je réponds cela ? Qu’est-ce qui me motive ? Vers où je vais ? Quel est mon but, réellement ? Et qu’est-ce que je suis prête à mettre en oeuvre pour y parvenir ? Toutes ces questions autour de la motivation se posent régulièrement, pourquoi ? pour quoi ? vers quoi ?

Pourquoi ?

La motivation est au coeur de toute démarche, de toute relation, elle conditionne notre façon d’être au monde. La motivation donne la direction, confère une intensité et permet à toute action de se déployer dans la durée. C’est le pourquoi nous faisons les choses qui détermine comment nous les faisons. Toute motivation est faite de notre histoire de vie, de nos représentations et des croyances qui les accompagnent, elle est colorée par nos émotions et nos habitudes mentales, elle est marquée par notre besoin de reconnaissance et nos attentes, elle est nourrie par notre bienveillance, notre patience, notre intérêt pour les autres. Il s’agit là de toutes les motivations du quotidien, tantôt émotionnelles, tantôt généreuses, parfois très claires et parfois assez confuses. Elles sont un lieu privilégié de rencontre avec nous-mêmes.

Il n’est rien que nous fassions, rien que nous pensions, rien que nous envisagions qui ne soit sous-tendu par notre motivation. Lorsque nous parlons de motivation, nous parlons ici de ce mouvement profond en nous, expression de notre vision du monde, qui nous fait agir, penser, réfléchir, parler.

photo-1495829396570-8b2abeeb21d2Pour aborder cette réflexion, il s’agit dans un premier temps de clarifier la vision que nous avons de nous-même, du monde et de notre relation aux autres. En fonction de chacun, les composantes de notre motivation seront différentes. C’est un aspect important à considérer : notre motivation est composée de diverses attentes, dont certaines ne sont pas nécessairement évidentes, d’un besoin de reconnaissance bien naturel mais parfois exacerbé, composée également d’un ou plusieurs objectifs à atteindre, d’aspirations à satisfaire, etc. En fait, ce qui nous motive est l’expression de notre vision et de nos représentations.

Quoi que nous fassions, c’est porté, soutenu, par notre représentation de la situation, de ce que nous devrions être dans la situation et de ce devrait être la réaction de l’autre dans la relation. Quelle conscience en avons-nous et sommes-nous certains que ce n’est que notre version de la situation ?

Quelle vision ai-je de moi-même ? Comment je me représente le monde ? Qu’est-ce que j’attends de mes relations ? Qu’est-ce que je souhaite être dans ce monde ?  Pourquoi suis-je investi dans une réflexion sur la présence à l’autre et à moi-même ?

Autant de questions qui nous permettent de clarifier notre motivation. Cependant, il est important de garder à l’esprit que certains aspects constitutifs de notre motivation ne nous sont guère accessibles dans un premier temps. Ils sont issus de notre histoire personnelle, de nos tendances, de nos croyances et de nos représentations pas toujours très claires.

photo-1478719050108-41b67a7bc956Par ailleurs, il est facile de constater que notre motivation est instable, impermanente. Certains jours, nous sommes prêts à affronter bien des obstacles pour parvenir à accomplir telle ou telle activité et, d’autres fois, nous éprouvons même des difficultés à sortir de notre lit… Ce qui nous motivait un jour, ne nous intéresse plus quelques temps plus tard. Pourquoi ? Peut-être parce que certaines composantes de notre motivation n’ont pas été nourries selon nos attentes, et nous ne trouvons alors plus d’intérêt à cette activité.

En fait, nous pourrions résumer ces questions, en « pourquoi » et « pour quoi » nous accomplissons certaines actions et pas d’autres. Qu’est-ce qui fonde notre motivation et vers quoi souhaitons-nous aller ? D’où partons-nous et où allons-nous ?

Nous ne sommes pas toujours très clairs avec tous ces aspects, parce que nous faisons bien souvent les choses de manière habituelle, automatique. Nous avons du mal à voir d’où émerge notre façon d’entrer en relation avec telle ou telle situation, parce que cela nous semble évident que c’est « ainsi » qu’il s’agit de l’aborder. Nous sommes soumis à nos représentations, à nos croyances, à nos a priori sans les considérer. Et c’est naturel, parce que cela ne nous est pas immédiatement accessible. C’est en cela que la déception est une alliée, parce qu’elle nous révèle des attentes non vues.

Pour quoi ?

photo-1495217218818-bb86120ebd53La motivation pose également la question d’un « pour quoi » plus fondamental : que voulons-nous vraiment récolter au bout du compte, quelle est notre visée à long terme ? Nous pouvons vivre et faire les choses dans le but d’aller bien, ou tout au moins, pour aller mieux. Nous pouvons avoir une perspective plus vaste, avec une visée spirituelle, par exemple centrée sur notre propre libération ou basée sur le souhait d’accomplir le bienfait de tous les êtres.

Pour certains, ce « pour quoi » reste vague, pour d’autres il donne un sens à ce qu’ils vivent. En tous cas, ces deux niveaux de motivation vont s’imprégner l’un l’autre. Pour développer une présence de qualité, clarifier encore et encore nos motivations est la condition première.

Conscient des enjeux relationnels et désireux d’être utile au monde et aux êtres, nous pouvons souhaiter être un « bon humain » généreux et attentif, une « bonne personne » nourrie par un humanisme porteur de valeurs altruistes.

Ayant rencontré les limites de nos représentations et de nos émotions, nous pouvons nourrir le souhait de sortir d’un fonctionnement qui génère insatisfaction et souffrance et souhaiter en être libéré.

Ayant vu que les tous êtres désirent être heureux et considérant leur souffrance, nous pouvons avoir le profond souhait que nous-même et tous les êtres soient libérés de l’insatisfaction et de la souffrance, que tous connaissent le bonheur et ses causes. C’est ce qui est appelé la bodhicitta ou esprit d’éveil dans l’enseignement bouddhique.

Quel que soit notre but, c’est le rappel de cet objectif qui nous permet d’accepter l’imperfection d’une situation et de mettre en œuvre  le courage de traverser nos difficultés, parce que cela fait sens pour nous. C’est ainsi que les entraves, s’inscrivant dans un processus de développement et de clarification, se vivent moins comme des obstacles que comme des étapes de l’entrainement.

Clarifier notre motivation, c’est donc d’une part faire le point sur notre fonctionnement et d’autre part définir avec clarté le but que nous souhaitons atteindre.

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